Fragments de Vieillesse - la fracture

J’ai bien dormi cette nuit… et c’est loin d’être toujours le cas !
Vous n’en avez pas grand chose à faire ?

Je me suis pourtant réveillée avec une question existentielle… et tentaculaire !
Une question issue d’une réflexion constante de ma part depuis plus de deux ans, et qui détermine des choix cruciaux.
Des choix qui ont eux-mêmes des répercussions conséquentes sur plusieurs vies.

Une question que j’ai enfin osé formuler, et me laisser entendre.
Et si tu laissais tomber ?

Laisser tomber quoi, me direz-vous.
Laisser tomber mon combat d’amour, comme le nomme une de mes cousines.

Pas laisser tomber l’amour, notez bien.
Ni laisser tomber Ama et Nesca.
Laisser tomber le combat quotidien, usant, épuisant.
Et sans doute cet épuisement n’est-il pas pour rien dans le fait que j’aie enfin pu formuler telle quelle la question !

Mais en quoi consiste donc ce combat ?
C’est ce que je réalise ce matin, et je vous livre ma réflexion.

Il a consisté, dans les premiers temps (voir le feuilleton), à tout faire pour préserver l’autonomie d’Ama et Nesca.
A les maintenir donc à domicile, d’abord chez elles, puis plus près de chez moi.

Il a consisté ensuite à être très présente auprès d’elles, lorsqu’il a bien fallu prendre la décision de les mettre en maison de retraite.
Présence qui s’est manifestée par des visites régulières, mais surtout par le fait de les prendre le plus souvent possible chez moi.
Chez moi pour qu’elles retrouvent un peu le cocon familial, pour pouvoir évoquer des souvenirs communs, pour se retrouver dans un univers familier.
Ce qui a pour effet de remettre un peu sur les rails Nesca, qui s’enfonce tout doucement dans une démence sénile (on dirait sans doute par facilité une maladie d’Alzheimer, mais ça n’a rien à voir). Elle retrouve ainsi quelques repères qui lui permettent de rester dans un continuum de sa vie.
Ce qui pour Ama représente un peu de chaleur humaine, et lui donne la possibilité de participer un peu aux tâches ménagères, lui redonnant d’une part un peu d’utilité, d’autre part un minimum de motivation, alors qu’elle ne peut plus guère en avoir aucune.

Le combat consiste aussi à relever de menus détails du quotidien, qui peuvent accélérer la perte d’autonomie (déjà toute relative !) pour l’une comme pour l’autre, ou tout simplement nuire à leur confort.
Un combat mené pied à pied (et qui n’est pas sans évoquer les questions que se posait pierreGG dans son article intitulé maintien à domicile).

Un combat qui pourrait cesser, faute de combattants.
C’est donc la question qui s’est imposée ce matin à mon réveil.

La réponse me paraît claire, car je crois vraiment que Nesca serait complètement délirante depuis de nombreux mois (la détérioration récente et accélérée depuis le départ d’Ama ne fait que confirmer la chose : voir la goutte d’eau et la montée des eaux).
Ama quant à elle serait sans doute complètement murée dans son silence, et aurait perdu même la notion de ses actes quotidiens (toilette, habillage…).

Cesser ce combat ?
Oui, à condition d’accepter la déchéance, de se résoudre définitivement à la perte d’autonomie et de dignité, à laisser la porte grande ouverte à l’assistanat total.
Oui, si tant est que l’on soit prêt à assister à la petite mort lente qui consiste à gommer tout ce qui peut rester de vivant.
Oui, si l’on se résout à la fracture finale, celle qui consiste à entériner que l’être humain devienne un objet, quels que soient les bons soins délivrés. Objet de soins, justement, objet de l’institution, objet et rebut de la société.

Une fracture à laquelle je ne peux me résoudre.
Pour combien de temps encore ?

Autres réflexions :
¤ Feuilleton des aides aux personnes âgées
¤ Fragments de Vieillesse
¤ Longue vie aux Babayagas
¤ Qu’allons-nous faire de nos vieux ?

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