Tous Ensemble le 18 Février ?

Je viens de recevoir un tract de Tous Ensemble appelant à une mobilisation le 18 Février, jour prévu de la rencontre entre Notre Seigneur et les représentants des syndicats… représentatifs !

J’avais signé Lettre Ouverte aux Etats Majors syndicaux, parce qu’il me semblait en effet qu’il fallait essayer de globaliser un peu la pensée syndicale, et de se rapprocher d’un projet de société alternatif à celui proposé et mis en oeuvre par nos gouvernants.
Il me semblait aussi qu’un peu plus de solidarité entre les différentes catégories de citoyens, en dépassant donc les intérêts catégoriels… voire ceux des différents syndicats !
Il me semblait enfin que cela pouvait peut-être ouvrir la porte à de nouveaux moyens d’action, et rendre le discours un peu plus audible, lisible et compréhensible.

Ce n’est pas tout à fait le ton de ce nouvel appel à mobilisation, ce que je regrette.
Cette appellation, en particulier, me semble s’éloigner des idées de départ : Collectif pour un Front Syndical de Classe.
Reste que le mobilisation du 29 Janvier a été un succès, rendant nos gouvernants un peu plus humbles, et en tout cas moins péremptoires et arrogants, et qu’il serait dommage de laisser retomber le soufflet.

Reste que l’appel unitaire à une nouvelle mobilisation le 19 Mars, donc à une date qui paraît bien lointaine, et après la rencontre avec le Président semble un peu vain.

Reste enfin qu’en tout état de cause il n’y a aucune nouvelle proposition, hormis celle de la suppression de la taxe professionnelle, qui sonne un peu comme un hochet agité devant les chefs d’entreprise, et risque fort de se retourner contre le plus grand nombre de citoyens ! Les autres propositions ébauchées par Notre Seigneur lors de sa prestation télévisuelle, comme des ballons d’essai, semblent bien modestes face aux besoins, et pas des plus justes socialement (suppression d’une tranche d’imposition, augmentation des allocations familiales…) ! D’autres ressemblent tout simplement à des voeux pieux… (la règle des 3 tiers pour le partage des profits)… voire faux ! (à lire sur les chiffres : Bêtisier présidentiel)

Et ce n’est pas la (feinte ?) colère de Laurent Wauquiez contre les opérateurs téléphoniques (voir par exemple Pôle emploi: Wauquiez met en garde les opérateurs en téléphonie) qui changera fondamentalement la situation !

montée du chômage... jusqu'où ?
dessin de Chimulus

Voici donc. A méditer et critiquer… [c'est moi qui grasse - NDLR]

Se mobiliser Tous ensemble le 18 février et après pour gagner sur nos revendications

Les militants syndicaux (CGT et FSU) réunis à Paris le 7 février à la suite de la démarche initiée par la « Lettre ouverte aux Etats-majors syndicaux » affirment la nécessité, plus actuelle que jamais, de construire le « tous ensemble en même temps » durable, alors que la crise capitaliste et la casse sociale pilotée par Sarkozy, le Medef et l’UE du capital menacent l’écrasante majorité de la population. Non seulement les travailleurs ne sont pas responsables de la crise et refusent d’en faire les frais, mais ce sont les contre-réformes euro-néolibérales, l’écrasement des salaires au profit des actionnaires, les attaques contre les services publics… qui sont responsables de la crise, et auxquels il faut mettre un terme.

Cette convergence des luttes contre la régression sociale tous azimuts ne peut s’accommoder d’aucun attentisme. Il est indispensable de prolonger le 29 janvier et la très forte mobilisation à la base, sans laisser les états-majors entrer une fois de plus dans un jeu de rôles avec Sarkozy et mener les luttes dans l’impasse, selon le souhait de Chérèque : que penser de leur décision de remettre au 19 mars une nouvelle journée de mobilisation, si ce n’est qu’elle reproduit la tactique perdante des journées d’action dispersées et le refus d’établir un rapport de force de haut niveau, tout en laissant la main au gouvernement ?
Le « rendez-vous du 18 février », en particulier, ne peut pas être une journée de discussion à froid entre « partenaires sociaux », mais devrait être une journée nationale d’action pour gagner sur les revendications populaires : augmentation des salaires et SMIC à 1600 euros nets, non aux licenciements et aux délocalisations, contrôle par les travailleurs des milliards donnés par le gouvernement, défense des services publics (Education Nationale, Hôpital,…), arrêt de la casse des acquis sociaux (sécu, retraites après 37,5 annuités)…

Dans cette optique, toutes les formes d’action permettant l’élargissement du mouvement méritent d’être impulsées et soutenues, à l’image de la lutte exemplaire en Guadeloupe et en Martinique, et contrairement à ce qu’expliquait B.Thibault en 2003, affirmant que « la CGT n’a pas vocation à bloquer le pays ». Car c’est bien le capitalisme, son OMC, son UE, son gouvernement et son MEDEF qui bloquent le pays et les travailleurs.

Face au gouvernement et au patronat, nous n’avons pas d’autre choix que de nous battre tous ensemble et en même temps, comme en 36, en 45 et en 68, en renouant avec l’héritage du mouvement ouvrier de classe et de masse et en unissant les travailleurs, les enseignants et la jeunesse étudiante et lycéenne.

Le grassage, le grassement, la grassation pour dire qu’avec ce constat on peut difficilement être en désaccord… qui rejoint l’idée de la mutualisation des pertes et de la privatisation des profits.
Pour le reste…


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